Virginie Girod, Docteur en Histoire livre une fabuleuse enquête historique aux Editions Tallandier “ Les femmes et le sexe dans la Rome Antique ”.

Son ouvrage détient des informations étonnantes et captivantes qui nous plongent dans une époque de l’Histoire où les contraintes et des conditions des femmes peuvent encore parfois faire écho dans certaines de nos sociétés actuelles. 

Malheureusement il y a très peu de témoignages de femmes à cette période,  mis à part quelques graffitis à Pompéi, il faut donc passer par le regard des hommes ( poètes, médecins, politiciens) pour essayer de comprendre ce qu’elles ressentaient, quels étaient leurs plaisirs et contraintes autour de leur sexualité. Autant imaginé que dans une société radicalement phallocentrique, où la puissance et la reconnaissance de l ‘homme citoyen tourne autour du « Dominant-Pénétrant » et où le cadre de la morale sexuelle est posée autour de règles fixées par la coutume et la loi, les femmes n’avaient le droit de jouir d’aucun plaisir charnel.  Face aux hommes libres qui pratiquaient la pénétration à leur guise, le Fututor ( pénètre vagin ) et le Pédicator ( pénètre anus ), les femmes  étaient classées selon leur statut social de naissance, la mère de famille ou la putain, qui déterminait leur conduite sexuelle.

Dans une société basée sur l’honneur, les matrones étaient les femmes les plus respectables. Elles devaient posséder la vertu essentielle de toute femme honnête, la chasteté , cela n’impliquait pas l’abstinence sexuelle comme on l’entend aujourd’hui, mais un état de pureté et de fidélité absolue. Il fallait aussi et surtout qu’elles soient fécondes, la plus grande qualité physique de la femme, et si ce n’était pas le cas, elles étaient montrées du doigt et répudiées. Ainsi, les matrones n’avaient qu’un seul moyen de se faire entendre et de faire pression,  elles organisaient des grèves de la fécondité, fortement redoutées par les hommes. Quant aux esclaves et aux louves (les prostituées), elles n’étaient qu’objet de désir et de mépris, en jouant tout de même un rôle social, puisque qu’elles étaient taxées au profit des caisses de l’État.

La majorité des jeunes filles étaient fiancées à 10 ans et mariées entre 12 et 15 ans. Elles étaient observées et choisies selon certains critères de beauté et de santé parfois curieux, tels qu’une allure pas trop masculine, ni trop grosse et  molle, une bonne digestion, un bassin large, un aspect général normal et plus capital une matrice qui se devait ni trop sèche, ni trop humide, ni trop fermée. Le soir des noces, les époux  pratiquaient la sodomie pour éviter le traumatisme de la défloration. Dès lors, la sexualité des jeunes matrones était tournée vers la procréation jusqu’à ce que leur corps cesse d’être fécond. Quant à la contraception, les médecins préconisaient outre la technique du retirement, d’éternuer et de faire des lavements de vagin après les rapports, l’intromission de pessaires à base de miel, d’huile d’olive ou de la résine de cèdre. Dès l’âge de 38 ans ( âge de la vieillesse), les femmes n’étaient plus qu’objet de répulsion, leur sexualité réprouvée et leurs envies, des perversions.

L’appareil génital de la femme était encore peu connu, mis à part l’utérus qui joue le rôle de four où l’embryon se transforme, il n’y a aucune allusion à l’existence des ovaires, par exemple . Quant au clitoris, il est l’organe diabolisé par les hommes,  il est  jugé comme le concurrent du pénis et donc de la virilité de l’homme. Celle qui se trouvait dotée d’une hypertrophie, se voyait surnommée le «  clitoris de truie  », et pouvait à la demande du mari subir une ablation au scalpel de leur organe dit « coupable ». Les hommes qui pratiquaient des caresses bucco-génitales sur leur femme étaient tout simplement  des victimes d’une punition de Vénus. Le cunnilingus était considéré comme la pratique la plus ignominieuse, elle permettait d’offrir du plaisir aux femmes sans avoir recours au pénis. Ainsi à la Rome Antique, les hommes se plaisaient à s’insulter de Lèche vagin,  la pire des insultes. 

La masturbation des femmes était tolérée mais rare.  Un fort appétit sexuel n’était pas digne d’une femme psychiquement normal et le plaisir ne convenait qu’à celles de mauvaise vie, mais il était tout de même favorable à la conception d’après les médecins. Celles qui s’abandonnaient à une sexualité en dehors du mariage ou qui subissaient un viol, avaient souvent recours au suicide pour regagner leur pudeur,  la souillure sexuelle était symboliquement immuable aux yeux des Romains.

Dans cette société où les hommes codifiaient le comportement sexuel des femmes , le poète subversif Ovide fut sans doute le seul homme de l’Empire Romain à s’intéresser à l’érotisme féminin et a recommandé aux hommes , dans ses écrits, d’être des amants attentifs au plaisir de leur partenaire…

Les éditions Tallandier : http://www.tallandier.com

http://www.tallandier.com/auteur-592.htm

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La Renarde se plait à interviewer des femmes qui parlent de sexe.

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